داستانک بچه مردم از جلال آل احمد به زبان فرانسه

L’enfant

L’enfant de l’autre

L’enfant de l’autre

 

Eh bien, que pouvais-je y faire ? Mon mari ne voulait pas de moi avec un enfant qui n’était pas le sien. C’était celui de mon ex-mari qui n’a pas voulu en prendre la charge et qui nous a abandonné tous les deux. Qu’est-ce que vous auriez fait à ma place ? Il fallait bien que je vive. Qu’allais-je devenir, si lui aussi venait à me quitter ? J’étais obligée de me débarrasser d’une manière ou d’une autre de cet enfant. Une femme comme moi, qui ne connaissait pas grand-chose au monde, ne voyait rien d’autre à faire que de se débarrasser de son bébé.

C’est la seule chose qui me venait à l’idée, m’en débarrasser, mais où et comment, ça, je l’ignorais ! Je savais que je pouvais l’emmener à l’orphelinat, mais qu’est-ce qui me disait qu’il l’accepterait d’abord ? Dieu sait ce qui pouvait m’y attendre. Comment être sûre qu’on ne m’aurait pas traitée de tous les noms et qu’on ne m’aurait pas accablée des pires injures qui existent. Comment ? Je ne voulais pas que ça se termine ainsi.

L’après-midi du même jour, quand je suis rentrée du travail, j’ai raconté à ma mère et aux voisines ce que j’avais fait. Je ne sais pas laquelle d’entre elles, a dit : “Mais franchement ! Tu aurais comme même pu l’emmener à l’orphelinat…” Je ne me souviens plus de tous les noms d’établissements où on pouvait placer les enfants, qu’elle m’a cités, je me souviens simplement de ma mère qui lui coupa la parole : “Eh ! Tu crois quoi ? Que c’est la belle vie là-dedans ?” C’est vrai que placer l’enfant dans un orphelinat était la première chose à laquelle j’avais pensé, mais lorsque cette femme me fit le reproche, tout s’est chamboulé dans ma tête et une peur effroyable a envahi mon esprit. Je me suis dit : ça ne coûtait rien d’essayer et j’ai dit à ma mère : “J’aurais dû l’y emmener, elle a raison”.

Mais pauvre de moi, je n’y connaissais rien, je ne savais pas s’ils allaient l’accepter ou non. De toute façon il était trop tard maintenant. Les paroles de la voisine se mirent à raisonner dans ma tête, c’est comme si tout le malheur du monde était en moi. Et c’est là que tous les faits et gestes de mon enfant chéri resurgirent dans ma pensée. N’en pouvant plus je fondis en larmes devant tout le monde. C’est là que j’entendis quelqu’un dire : ” Et elle pleure en plus ! Elle devrait plutôt avoir honte”. Cette fois encore ma mère vint à mon secours et me réconforta comme savent si bien le faire les mères. Et elle finit par m’apaiser. Elle avait raison après tout, je n’étais alors qu’une jeune femme et pourquoi devais-je me morfondre pour un enfant.

Et surtout si celui-ci est devenu un obstacle à ma vie de couple ? A mon âge je peux encore mettre au monde trois ou quatre enfants. C’est vrai que celui-ci était mon premier né et que je n’aurais jamais dû agir comme ça, mais bon, il était trop tard maintenant pour me plaindre. Il fallait donc que j’arrête de me prendre la tête. Mais oui, après tout c’est mon mari qui avait insisté pour que je le fasse et il avait raison dans un sens.

Il ne voulait pas nourrir le bâtard d’un autre. Maintenant que j’y pense je vois qu’il a raison. Moi-même, je ne pourrais jamais aimer les enfants de mon mari comme mes propres enfants. Ne seraient-ils pas un fardeau ? Des bouches de plus à nourrir ? Donc il n’a pas tort s’il ne veut pas élever mon enfant, ou plutôt celui d’un enfoiré, comme il dit !

Pendant les deux seuls jours que j’ai passé chez lui, la discussion n’a fait que tourner autour de l’enfant. La nuit dernière nous avons longuement parlé. Enfin pas vraiment parlé. Lui a parlé et moi j’ai écouté. J’ai fini par dire : “Que veux tu que je fasse ?”. Il ne m’a pas répondu. Après un temps de réflexion, il a répondu ” Qu’est-ce que j’en sais moi ! Fais comme tu veux, en tout cas je ne veux plus voir sa face”. Et rien d’autre. Il partit et ce soir là, il ne m’a pas rejoint, manière de montrer qu’il était en rogne contre moi. Et dire que c’était la troisième nuit, après notre mariage et qu’on s’était déjà brouillé.

Je savais bien qu’il cherchait la petite bête pour que je me débarrasse plus facilement de mon enfant. Le matin avant de quitter la maison il se tourna vers moi et dit sur un ton à couper le souffle : “Que je ne retrouve plus ce môme ici à mon retour”. C’est cette phrase qui me décida et maintenant que j’y pense, je me demande comment j’ai pu faire. C’était plus fort que moi et il fallait que le fasse. Après son départ, j’ai mis mon tchador, pris l’enfant par la main et je suis sortie de la maison. Mon bébé avait presque trois ans et il arrivait à marcher tout seul. Le pire dans tout ça, c’est que j’avais passé trois ans à l’élever, trois années difficiles et c’est ça qui m’embêtait le plus. Le laisser maintenant que le plus dur était passé.

Il n’avait plus besoin que je reste éveillée toute la nuit ! Et oui, le plus difficile était passé. Mais il fallait que je le fasse. Je le suivi pas à pas jusqu’à la station de taxi. Je lui avait mis ses chaussures et ses plus beaux vêtements, un ensemble bleu ciel que son père lui avait acheté avant notre séparation. Pendant que je l’habillais une petite voix me disait : “Mais pourquoi l’habilles-tu avec ces belles fringues”, mais je n’ai pas pu résister ; et puis après tout, à quoi allaient-elles me servir ? Tant pis pour la gueule de mon mari ! Si je venais à avoir un autre enfant, eh bien qu’il lui en achète d’autres. Je l’ai donc habillé et coiffé.

Il était beau comme un Dieu. D’une main je le tenais et de l’autre je tenais mon tchador sur ma hanche et on avançait ainsi à petits pas. Je n’avais plus à l’injurier en lui demandant de marcher plus vite. Cette fois, c’était la dernière fois que je lui tenais la main. A deux ou trois reprises il réclama des friandises que je lui promis d’acheter une fois qu’on serait monté en voiture. Je me souviens, ce jour là, tout comme à chacune de nos sorties, il n’arrêtait pas de me poser des questions. Un peu plus loin un cheval s’était coincé la jambe dans une fosse et une foule s’était formée autour de l’animal. Il exigea que je le soulève, pour qu’il puisse voir la scène. Je le pris donc dans mes bras et là, il put voir “le bras en sang” du cheval. Quand je l’ai reposé à terre, il m’a dit d’un air triste : ” Maman, il s’est fait bobo à la main le cheval ?”, “Oui mon chéri, lui dis-je, il a désobéît à sa maman et il s’est fait bobo”.

Nous avons continué notre chemin aussi lentement que possible jusqu’à la station. C’était l’heure de pointe et toutes les voitures étaient pleines. J’ai peut-être dû attendre une bonne demi-heure avant de trouver une place. L’enfant commençait à s’impatienter et moi aussi. Je commençais à en avoir marre, tellement il posait des questions. Il répéta plusieurs fois : “Alors maman, qu’est-ce qui s’passe ?” pourquoi, elle n’arrive pas la voiture ? Tu m’achètes des bonbons ?”. “Elle va arriver. Attends encore un peu”, lui dis-je. Enfin nous sommes montés dans une des voitures de la ligne 7 qui conduisait à la place Shah. Sur la route, il me demanda : “Où est-ce qu’on va maman ?”, sans trop comprendre pourquoi, je lui répondit : “On va voir papa”. Il me fixa du regard pendant un instant et demanda :” Quel papa ?”.

Je n’en pouvais vraiment plus, mes nerfs commençaient à lâcher, je lui dit : “Si tu continues à parler tout le temps tu n’auras pas de bonbon ! Je t’aurai prévenu !”. Maintenant que j’y repense ça me fait de la peine. C’est toujours ces trucs là qui nous blessent le plus. Comment ai-je pu briser ce petit cœur ? Je m’étais pourtant juré de ne pas perdre mon sang froid jusqu’à la dernière minute. De ne pas le frapper, de ne pas le gronder, d’être gentille quoi ! Mais maintenant je regrette. Qu’est-ce qui m’a pris ? Pourquoi lui ai-je interdit de parler.

Le pauvre, il est resté silencieux jusqu’à la fin. Il a finit par sourire aux grimaces du conducteur et de temps en temps il se retournait vers moi, pour voir ma réaction. Mais moi je prêtais attention ni à l’un ni à l’autre. Place Shah, nous descendîmes, et lui, il riait toujours. La place était bondée et il y avait beaucoup de bus. J’avais très peur. Nous avons marché un temps, plus d’une demie heure, je crois bien. La plupart des bus étaient repartis. Nous nous sommes rapprochés de la place, j’ai sorti une pièce de 10 Shahi (monnaie ancienne de l’Iran à l’époque Pahlavi) de ma poche et la lui ai donné.

Le pauvre, il se demandait pourquoi. Et me regardait avec des yeux ronds, qui en disaient long. Il n’avait pas encore la notion de l’argent. Comment lui faire comprendre ? De l’autre côté de la place un vendeur de pépites criait à tue-tête. Le montrant du doigt je lui dit : “Tiens tu vois là-bas va t’acheter des friandises, tout seul, comme un grand ! Tu sais le faire ?” Il jeta d’abord un regard curieux à la pièce puis me dit : “Maman ; toi, viens avec moi !”. “Non moi je reste là pour voir si tu peux le faire tout seul ou pas, Vas-y je te regarde”. Encore une fois il regarda la pièce. Il hésitait. Il n’avait encore jamais rien acheté. Je ne lui avais jamais appris une telle chose. Il continuait à me regarder droit dans les yeux. Quel regard ! A cet instant précis une peur bleue m’a prise. Je me sentais vraiment mal.

J’ai failli tout laisser tomber. Je ne me suis jamais sentie aussi mal, depuis l’instant où l’enfant est parti et que moi j’ai lâchement fui. C’était vraiment difficile, je n’arrive pas à effacer ce dernier regard foudroyant de ma mémoire. Le pauvre, il ne savait pas trop quoi faire et on aurait dit qu’il avait encore quelque chose à me demander. Je ne sais vraiment pas comment j’ai pu me contrôler. Une fois de plus je lui ai montré le vendeur de pépites et j’ai dit : “Mais vas-y, n’ai pas peur. Tu donnes l’argent au monsieur et tu lui dis je veux des pépites et c’est tout, vas-y !” Il regarda le vendeur de pépites et comme à chaque fois qu’il boudait et qu’il avait envie de pleurer, me dit : “Maman, je ne veux pas de pépites, je veux des raisins secs”.

J’allais craquer. S’il avait attendu rien qu’un peu, s’il avait versé ne serait-ce que quelques larmes, j’aurai tout laissé tomber. Mais il n’a pas pleuré. J’étais vraiment sur les nerfs. Je n’en pouvais plus, j’ai crié :”Il a aussi des raisins secs, vas-y je te dis !”. J’ai mis la main derrière son dos et l’ai poussé en avant : “Allez !”. La rue était presque déserte, il n’y avait heureusement pas de bus ou de calèches qui auraient pu renverser mon petit. Il n’avait pas fait quelques pas qu’il est revenu vers moi, en me disant : “Maman, il a aussi des raisins secs ?”. “Mais oui, mon chéri, dis-lui, je voudrais des raisins secs pour 10 Shahi”. Et il est reparti. Arrivé au milieu de la rue, le klaxon d’une voiture me fit froid dans le dos. Sans trop savoir pourquoi je me suis lancée au milieu de la rue, pris l’enfant dans mes bras et me suis dissimulée dans la foule. Je haletais, chaque parcelle de mon corps avait sa goutte de sueur. “Qu’est-ce qu’il y a maman ?”. “Rien chéri.

La rue c’est trop dangereux, tu as failli te faire renverser.” A peine j’avais fini ma phrase, qu’une envie folle de pleurer m’a prise. “C’est pas grave, maman, pose-moi par terre, cette fois j’irai vite, comme ça la voiture, eh ben, elle m’écrasera pas !”. S’il n’avait pas dit cela, j’aurai complètement oublié la raison pour laquelle j’étais venue ici. Mes larmes n’avaient pas encore séché que je me souvins de mon mari et de ses menaces. C’était décidé, j’ai embrassé le petit. C’était le dernier baiser que je déposais sur son visage angélique.

Je lui ai dit à l’oreille : “Traverse la rue rapidement, y a des voitures”. Cette fois encore, il n’y avait pas trop de circulation et l’enfant traversa rapidement. Il doublait ses petits pas afin d’aller plus vite et à plusieurs reprises j’eus peur que ses pieds s’emmêlent et qu’il finisse par tomber. Une fois de l’autre côté, il se retourna et me regarda. J’avais retroussé les ourlets de mon tchador et étais prête à partir. Dès qu’il s’est retourné, j’étais comme pétrifiée. C’est vrai que je ne voulais pas qu’il comprenne que je voulais m’enfuir, mais ce n’était point là, la raison de ma crainte. J’étais comme un voleur qu’on arrêtait en flagrant délit. J’étais choquée, incapable de faire le moindre mouvement.

Exactement comme la fois où je fouillais dans la poche de mon ancien mari, et qu’il est arrivé à l’improviste. Je baignais dans la sueur. J’ai baissé la tête et lorsque par mille efforts j’ai réussi à la relever, je vis mon enfant avancer. Il n’était plus qu’à quelques pas du vendeur de pépites. Voilà, c’était fait. L’enfant était arrivé saint et sauf de l’autre côté de la rue. Dès lors j’avais achevé ma tache et c’était comme si je n’avais jamais eu d’enfant. La dernière fois que j’ai regardé mon enfant, c’était comme si je regardais celui des autres. Je le contemplais tout comme on contemple les enfants des autres et qu’on prend plaisir à observer leurs enfantillages. J’ai donc savouré cet instant. J’ai regardé faire l’enfant de l’autre et me suis faufilée dans la foule.

Mais soudain je fus prise de panique, j’ai senti que mes pas se dérobaient. Et si quelqu’un m’avait vu faire ? Cette idée me fit tellement peur que j’ai doublé mes pas. Je courrais presque. Deux rues plus loin, je comptais m’enfuir à toutes jambes par les ruelles alentours. J’étais plongée dans ces idées qu’un taxi freina juste quelques mètres derrière moi. Les frissons envahirent tout mon corps, comme si j’allais être démasquée. Je me suis dit, c’est sûrement l’agent qui m’a vu faire.

Il a sauté dans le premier taxi et s’est lancé à ma poursuite et dans un instant il va m’attraper par la main. Je ne sais pas où j’ai trouvé le courage, mais je me suis retourné et là… rien du tout. Les passagers avaient payé leurs courses et quittaient le véhicule.

Ouf ! Sans trop réfléchir je suis monté dans le taxi et claqué la portière. Ce qui fit râler le chauffeur qui finit par démarrer. Dans la hâte j’avais laissé un bout de mon chador à l’extérieur. J’ai attendu pour qu’on s’éloigne un peu et une fois rassurée, j’ai ouvert doucement la portière et ramassé mon chador. Je me suis écroulée contre le siège arrière du taxi en soupirant. Enfin je respirais ! Sauf que le soir, je n’ai pas pu convaincre mon mari de me payer l’argent que j’avais dépensé pour le taxi.

متن اصلی آن – بچه مردم

خوب من چه می‌توانستم بکنم؟ شوهرم حاضر نبود مرا با بچه نگه دارد. بچه که مال خودش نبود. مال شوهر قبلی‌ام بود که طلاقم داده بود و حاضر هم نشده بود بچه را بگیرد. اگر کس دیگری جای من بود چه می کرد؟ خوب من هم می بایست زندگی می کردم. اگر این شوهرم هم طلاقم می داد چه می کردم؟ ناچار بودم بچه را یک جوری سر به نیست کنم. یک زن چشم و گوش بسته، مثل من، غیر از این چیز دیگری به فکرش نمی رسید، نه جایی را بلد بودم، نه راه و چاره‌ ای می دانستم. نه اینکه جایی را بلد نبودم. می دانستم می شود بچه را شیرخوارگاه گذاشت یا به خراب شده دیگری سپرد.

ولی از کجا معلوم که بچه مرا قبول می کردند؟ از کجا می‌توانستم حتم داشته باشم که معطلم نکنند و آبرویم را نبرند و هزار اسم روی خودم و بچه‌ام نگذارند؟ از کجا؟ نمی‌خواستم به این صورت‌ها تمام شود. همان روز عصر هم وقتی کار را تمام کردم و به خانه برگشتم و آنچه را که کرده بودم برای مادرم و دیگر همسایه‌ها تعریف کردم؛ نمیدانم کدام یکی‌شان گفتند «خوب، زن، میخواستی بچه ‌ات را ببری شیرخوارگاه بسپری. یا ببریش دارالایتام و…» نمیدانم دیگر کجاها را گفت.

ولی همانوقت مادرم به او گفت که «خیال میکنی راش می دادن؟ هه!» من با وجود اینکه خودم هم به فکر اینکار افتاده بودم،‌ اما آن زن همسایه ‌مان وقتی این را گفت، باز دلم هری ریخت تو و بخودم گفتم «خوب زن، تو هیچ رفتی که رات ندن؟» و بعد به مادرم گفتم «کاشکی این کارو کرده بودم.» ولی من که سررشته نداشتم. من که اطمینان نداشتم راهم بدهند. آنوقت هم که دیگر دیر شده بود. از حرف آن زن مثل اینکه یک دنیا غصه روی دلم ریخت. همه شیرین زبانی های بچه‌ ام یادم آمد. دیگر نتوانستم طاقت بیاورم. و جلوی همه در و همسایه‌ها زار زار گریه کردم.

اما چقدر بد بود! خودم شنیدم یکیشان زیر لب گفت «گریه هم می‌کنه! خجالت نمی‌کشه…» باز هم مادرم به دادم رسید. خیلی دلداریم داد. خوب راست هم می گفت، من که اول جوانیم است چرا برای یک بچه اینقدر غصه بخورم؟ آن هم وقتی شوهرم مرا با بچه قبول نمی کند. حالا خیلی وقت دارم که هی بنشینم و سه تا و چهار تا بزایم. درست است که بچه اولم بود و نمی باید اینکار را می کردم؛ ولی خوب،‌ حالا که کار از کار گذشته است. حالا که دیگر فکر کردن ندارد. من خودم که آزار نداشتم بلند شوم بروم و این کار را بکنم. شوهرم بود که اصرار می‌کرد. راست هم می گفت نمیخواست پس افتاده یک نرخر دیگر را سر سفره‌اش ببیند. خود من هم وقتی کلاهم را قاضی می کردم به او حق میدادم.

خود من آیا حاضر بودم بچه‌های شوهرم را مثل بچه‌های خودم دوست داشته باشم؟ و آن ها را سر بار زندگی خودم ندانم؟ آنها را سر سفره شوهرم زیادی ندانم؟ خوب او هم همینطور. او هم حق داشت که نتواند بچه مرا، بچه مرا که نه، بچه یک نره خر دیگر را ـ بقول خودش ـ سر سفره‌ اش ببیند. در همان دو روزی که به خانه‌اش رفته بودم همه‌اش صحبت از بچه بود. شب آخر خیلی صحبت کردیم. یعنی نه اینکه خیلی حرف زده باشیم.

او باز هم راجع به بچه گفت و من گوش دادم. آخر سر گفتم «خوب، میگی چه کنم؟» شوهرم چیزی نگفت. قدری فکر کرد و بعد گفت «من نمیدونم چه بکنی. هر جور خودت میدونی بکن. من نمی خام پس افتاده یه نره‌ خر دیگه رو سرسفره خودم ببینم.» راه و چاره‌ای هم جلوی پایم نگذاشت. آن شب پهلوی من هم نیامد.

مثلاً با من قهر کرده بود. شب سوم زندگی ما با هم بود. ولی با من قهر کرده بود. خودم می دانستم که می خواهد مرا غضب کند تا کار بچه را زودتر ی کسره کنم. صبح هم که از در خانه بیرون می رفت گفت «ظهر که میام دیگه نبایس بچه رو ببینم، ها!» و من تکلیف خودم را از همان وقت می دانستم. حالا هر چه فکر می کنم نمیتوانم بفهمم چطور دلم راضی شد! ولی دیگر دست من نبود. چادر نمازم را به سرم انداختم دست بچه را گرفتم و پشت سر شوهرم از خانه بیرون رفتم. بچه ‌ام نزدیک سه سالش بود.

خودش قشنگ راه میرفت. بدیش این بود که سه سال عمر صرفش کرده بودم. این خیلی بد بود. همه دردسرهاش تمام شده بود. همه شب بیدار ماندن هاش گذشته بود. و تازه اول راحتی‌اش بود. ولی من ناچار بودم کارم را بکنم. تا دم ایستگاه ماشین پا به پایش رفتم. کفشش را هم پایش کرده بودم. لباس خوب‌هایش را هم تنش کرده بودم. یک کت و شلوار آبی کوچولو همان اواخر، شوهر قبلی ‌ام برایش خریده بود. وقتی لباسش را تنش می کردم این فکر هم بهم هی زد که «زن، دیگه چرا رخت نوهاشو تنش می کنی؟» ولی دلم راضی نشد. می‌ خواستمش چه بکنم؟ چشم شوهرم کور، اگر باز هم بچه ‌دار شدم برود و برایش لباس بخرد. لباسش را تنش کردم. سرش را شانه زدم.

خیلی خوشگل شده بود. دستش را گرفته بودم و با دست دیگرم چادر نمازم را دور کمرم نگهداشته بودم و آهسته آهسته قدم برمی داشتم. دیگر لازم نبود هی فحشش بدهم که تندتر بیاید. آخرین دفعه‌ای بود که دستش را گرفته بودم و با خودم به کوچه می بردم. دو سه جا خواست برایش قاقا بخرم. گفتم «اول سوار ماشین بشیم بعد برات قاقا هم میخرم» یادم است آن روز هم مثل روزهای دیگر هی از من سوال می کرد. یک اسب پایش توی چاله جوی آب رفته بود و مردم دورش جمع شده بودند. خیلی اصرار کرد که بلندش کنم تا ببیند چه خبر است.

بلندش کردم. و اسب را که دستش خراش برداشته بود و خون آمده بود دید. وقتی زمینش گذاشتم گفت «مادل ـ دسس اوخ سده بودس» گفتم «آره جونم حرف مادرشو نشنیده، اوخ شده» تا دم ایستگاه ماشین آهسته آهسته می رفتم. هنوز اول وقت بود. و ماشین‌ها شلوغ بود. و من شاید نیم ساعت توی ایستگاه ماندم تا ماشین گیرم آمد. بچه ‌ام هی ناراحتی می‌کرد. و من داشتم خسته می‌شدم. از بس سوال می کرد حوصله ‌ام را سر برده بود. دو سه بار گفت «پس مادل چطول سدس؟ ماسین که نیومدس.

پس بلیم قاقا بخلیم» و من باز هم برایش گفتم که الان خواهد آمد. و گفتم وقتی ماشین سوار شدیم قاقا هم برایش خواهم خرید. بالاخره خط هفت را گرفتم و تا میدان شاه که پیاده شدیم بچه‌ ام باز هم حرف می زد و هی می پرسید. یادم است یک بار پرسید «مادل تجا میلیم؟» من نمیدانم چرا یک مرتبه بی ‌آنکه بفهمم، گفتم «میریم پیش بابا» بچه‌ ام کمی به صورت من نگاه کرد. بعد پرسید «مادل، تدوم بابا؟» من دیگر حوصله نداشتم. گفتم «جونم چقدر حرف میزنی اگه حرف بزنی برات قاقا نمی‌خرم. ها!» حالا چقدر دلم می سوزد. اینجور چیزها بیشتر دل آدم را می سوزاند.

چرا دل بچه ‌ام را در آن دم آخر اینطور شکستم؟ از خانه که بیرون آمدیم با خود عهد کرده بودم که تا آخر کار عصبانی نشوم. بچه‌ام را نزنم. فحشش ندهم. و باهاش خوش رفتاری کنم. ولی چقدر حالا دلم می سوزد! چرا اینطور ساکتش کردم؟ بچهکم دیگر ساکت شد. و با شاگرد شوفر که برایش شکلک درمی‌آورد و حرف می‌زد، گرم اختلاط و خنده شده بود. اما من نه به او محل می‌ گذاشتم نه به بچه ‌ام که هی رویش را به من می کرد. میدان شاه گفتم نگهداشت. و وقتی پیاده می ‌شدیم بچه ‌ام هنوز می‌خندید. میدان شلوغ بود و اتوبوس‌ها خیلی بودند.

و من هنوز وحشت داشتم که کارم را بکنم. مدتی قدم زدم. شاید نیم ساعت شد. اتوبوس ها کمتر شدند. آمدم کنار میدان. ده شاهی از جیبم درآوردم و به بچه ‌ام دادم. بچه‌ام هاج و واج مانده بود و مرا نگاه می کرد. هنوز پول گرفتن را بلد نشده بود. نمی دانستم چطورحالیش کنم. آنطرف میدان یک تخم کدویی داد میزد. با انگشتم نشانش دادم و گفتم «بگیر. برو قاقا بخر. ببینم بلدی خودت بری بخری» بچه‌ام نگاهی به پول کرد و بعد رو به من گفت «مادل تو هم بیا بلیم.» من گفتم «نه من اینجا وایسادم تورو می‌پام. برو ببینم خودت بلدی بخری.» بچه ‌ام باز هم به پول نگاه کرد.

مثل اینکه دو دل بود. و نمیدانست چطور باید چیز خرید. تا بحال همچه کاری یادش نداده بودم. بربر نگاهم می کرد. عجب نگاهی بود! مثل اینکه فقط همان دقیقه دلم گرفت و حالم بد شد. حالم خیلی بد شد. نزدیک بود منصرف شوم. بعد که بچه‌ ام رفت و من فرار کردم و تا حالا هم، حتی آن روز عصر که جلوی در و همسایه‌ها از زور غصه گریه کردم، هیچ اینطور دلم نگرفت و حالم بد نشد. نزدیک بود طاقتم تمام شود. عجب نگاهی بود! بچه‌ام‌ سرگردان مانده بود و مثل اینکه هنوز میخواست چیزی از من بپرسد. نفهمیدم چطور خود را نگهداشتم.

یک بار دیگر تخمه کدویی را نشانش دادم و گفتم «برو جونم. این پول را بهش بده،‌ بگو تخمه بده، همین. برو باریکلا» بچهکم تخم کدویی را نگاه کرد و بعد مثل وقتی که می‌خواست بهانه بگیرد و گریه کند گفت «مادل، من تخمه نمی‌خام. تیسمیس میخام.» من داشتم بیچاره می شدم. اگر بچه ‌ام یک خرده دیگر معطل کرده بود، اگر یک خرده گریه کرده بود، حتماً منصرف شده بودم. ولی بچه ‌ام گریه نکرد. عصبانی شده بودم. حوصله‌ ام سررفته بود. سرش داد زدم «کیشمش هم داره. برو هر چی می خوای بخر. برو دیگه.» و از روی جوی کنار پیاده‌ رو بلندش کردم و روی اسفالت وسط خیابان گذاشتم. دستم را به پشتش گذاشتم و یواش به جلو هولش دادم و گفتم «ده برو دیگه دیر میشه.» خیابان خلوت بود.

از وسط خیابان تا آن ته‌ ها اتوبوسی و درشگه ‌ای پیدا نبود که بچه‌ ام را زیر بگیرد. بچه‌ام دو سه قدم که رفت برگشت و گفت «مادل، تیسمیس هم داله؟» من گفتم «آره جونم. بگو ده شاهی کیشمیش بده.» و او رفت. بچه‌ام وسط خیابان رسیده بود که یک مرتبه یک ماشین بوق زد و من از ترس لرزیدم. و بی اینکه بفهمم چه می‌کنم، خودم را وسط خیابان پرتاب کردم و بچه‌ام را بغل زدم و توی پیاده‌ رو دویدم و لای مردم قایم شدم.

عرق از سر و رویم راه افتاده بود و نفس نفس می زدم بچهکم گفت «مادل، چطول سدس؟» گفتم «هیچی جونم. ازوسط خیابون تند رد میشن. تو یواش میرفتی نزدیک بود بری زیر هوتول.» این را که می گفتم نزدیک بود گریه ‌ام بیفتد. بچه‌ام همانطور که توی بغلم بود گفت «خوب مادل منو بزال زیمین» ایندفه تند میلم.» شاید اگر بچهکم این حرف را نمی زد من یادم رفته بود که برای چه کار آمده‌ام. ولی این حرفش مرا از نو به صرافت انداخت. هنوز اشک چشم هایم را پاک نکرده بودم که دوباره به یاد کاری که آمده بودم بکنم،‌ افتادم. بیاد شوهرم که مرا غضب خواهد کرد،‌ افتادم. بچهکم را ماچ کردم.

آخرین ماچی بود که از صورتش برمی داشتم. ماچش کردم و دوباره گذاشتمش زمین و باز هم در گوشش گفتم «تند برو جونم، ماشین میادش.» باز خیابان خلوت بود و این بار بچه ‌ام تندتر رفت. قدم‌های کوچکش را به عجله برمی داشت و من دو سه بار ترسیدم که مبادا پاهایش توی هم بپیچد و زمین بخورد. آنطرف خیابان که رسید برگشت و نگاهی به من انداخت. من دامن‌های چادرم را زیر بغلم جمع کرده بودم و داشتم راه می‌افتادم. همچه که بچه ‌ام چرخید و به طرف من نگاه کرد، من سر جایم خشکم زد. درست است که نمی‌خواستم بفهمد من دارم در میروم ولی برای این نبود که سر جایم خشکم زد. مثل یک دزد که سربزنگاه مچش را گرفته باشند شده بودم.

خشکم زده بود و دست هایم همانطور زیر بغل هایم ماند. درست مثل آن دفعه که سر جیب شوهرم بودم ـ همان شوهر سابقم ـ و کند و کو می کردم و شوهرم از در رسید. درست همانطور خشکم زده بود. دوباره از عرق خیس شدم. سرم را پایین‌ انداختم و وقتی به هزار زحمت سرم را بلند کردم،‌ بچه ‌ام دوباره راه افتاده بود و چیزی نمانده بود که به تخمه کدویی برسد. کار من تمام شده بود. بچه‌ام سالم به آنطرف خیابان رسیده بود. از همانوقت بود که انگار اصلاً بچه نداشته ‌ام. آخرین باری که بچه ‌ام را نگاه کردم، درست مثل این بود که بچه مردم را نگاه می کردم.

درست مثل یک بچه تازه پا و شیرین مردم به او نگاه می کردم. درست همانطور که از نگاه کردن به بچه مردم می شود حظ کرد، ازدیدن او حظ کردم. و به عجله لای جمعیت پیاده‌ رو پیچیدم. ولی یک دفعه به وحشت افتادم. نزدیک بود قدمم خشک بشود و سرجایم میخکوب بشوم. وحشتم گرفته بود که مبادا کسی زاغ سیاه مرا چوب زده باشد. ازین خیال موهای تنم راست ایستاد و من تندتر کردم. دو تا کوچه پایین‌تر، خیال داشتم توی پس کوچه‌ها بیندازم و فرار کنم. به زحمت خودم را به دم کوچه رسانده بودم که یک هو، یک تاکسی پشت سرم توی خیابان ترمز کرد. مثال اینکه الان مچ مرا خواهند گرفت.

تا استخوان هایم لرزید. خیال می کردم پاسبان سر چهارراه که مرا می ‌پاییده توی تاکسی پریده و حالا پشت سرم پیاده شده و الان است که مچ دستم را بگیرد. نمیدانم چطور برگشتم و عقب سرم را نگاه کردم. و وا رفتم. مسافرهای تاکسی پولشان را هم داده بودند و داشتند می رفتند. من نفس راحتی کشیدم و فکر دیگری به سرم زد. بی‌ اینکه بفهمم و یا چشمم جایی را ببیند پریدم توی تاکسی و در را با سر و صدا بستم. شوفر قرقر کرد و راه افتاد. و چادر من لای درتاکسی مانده بود. وقتی تاکسی دور شد و من اطمینان پیدا کردم،‌ در را آهسته باز کردم. چادرم را ازلای آن بیرون کشیدم و از نو در را بستم. به پشتی صندلی تکیه دادم و نفس راحتی کشیدم. و شب بالاخره نتوانستم پول تاکسی را از شوهرم در بیاورم.

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خورشید نادری بنی

درباره خورشید نادری بنی

عاشق ادبیات فرانسه هستم ! دوست دارم فرهنگ و آثار فاخر ایرانی رو به فرانسه و به گوش مردم فرانسه زبان برسونم ! | عشق، نیرومند ترین سپاه است، زیرا در یك لحظه بر قلب و مغز و جسم حمله می كند - فرانسوا والتر

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